Le Conseil des Etats en faveur du bétonnage de la Suisse

La position des lobbys de la construction a prévalu dans les débats d’aujourd’hui. Le Conseil des Etats a rejeté l’initiative pour stopper l’étalement urbain et, de fait, une gestion plus efficiente de notre sol. Les deux autres modèles d’aménagement du territoire montrent clairement que la Berne fédérale veut diluer d’avantage la protection des terres.

Cela montre une fois de plus que le parlement laisse derrière lui les préoccupations environnementales. Cependant, le soutien de l’Alliance-environnement, composée du WWF, de Greenpeace, de l’ATE et de Pro Natura, de même que de nombreuses organisations environnementales, démontre l’existence de nombreuses forces derrière l’initiative.

 

L’initiative contre l’étalement urbain demande:

  • une amélioration claire des conditions cadre pour l’émergence des quartiers durables
  • un arrêt efficace de l’étalement urbain en compensant l’ouverture de nouvelles parcelles par des parcelles de qualité équivalente
  • un arrêt de la croissance des constructions en dehors des zones constructibles
  • la possibilité de surélever modérément les bâtiments existants.

 

Il appartient maintenant au Conseil national de corriger le résultat du Conseil des Etats. « Pour préserver l’agriculture suisse et notre qualité de vie, une politique d’aménagement du territoire cohérente est impérative », explique Kevin Morisod, Co-président de l’initiative contre l’étalement urbain. Il est également vital de repenser notre agriculture. Si la production locale doit continuer, les terres cultivées et cultivables ne doivent pas être en proie à l’étalement urbain, à la vitesse où on le connaît actuellement.

 

Quotidiennement, ce sont en Suisse l’équivalent de 8 terrains de football qui sont bétonnés. Cela ressort de la responsabilité de l’actuelle loi sur l’aménagement du territoire, qui répond à l’utilisation croissante des terres en rajoutant plus de terrains à bâtir. Actuellement, des zones de construction dont la superficie totale est plus grande que le canton de Schaffhouse sont disponibles. Un rehaussement modéré des bâtiments dans les centres urbains, comme l’utilisation des zones constructibles actuelles, permettront de faire face aux défis futurs tout en prenant en compte les scénarios démographiques de la Confédération. L’ouverture de nouvelles zones à bâtir et avec elles le mitage de terres agricoles supplémentaires est donc non seulement inutile mais nuisible.